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« Les journalistes de guerre ne doivent pas porter d'armes ! »
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14-04-2005
par Greg Manset
Rodney Pinder, basé à Londres, est directeur de l'INSI, un institut international militant pour la sécurité des journalistes. Cet organisme a du fil à retordre avec les rapts, agressions et meurtres de journalistes dans des zones de conflit comme l'Irak.
Pouvez-vous nous présenter brièvement l'INSI et ses membres ?
The International News Safety Institute est une organisation non gouvernementale dédiée à la sécurité des journalistes. Plus de soixante entreprises de presse, d'unions de journalistes, mais également de reporters free-lance nous soutiennent et adhèrent à notre institut. Parmi eux, des médias aussi importants et reconnus que la BBC, CNN, CBS, ABC, AFP, REUTERS, ZDF, etc.
Comment devenir membre ?
Notre institut est ouvert à tous les professionnels de la presse et des médias. Pour s'inscrire, il suffit juste de remplir le bulletin d'adhésion sur notre site Internet : http://www.newssafety.com. Une cotisation est également demandée. Il faut compter 5.000€ pour une entreprise de presse à caractère international, 1.000€ pour les médias nationaux, et 50€ pour les inscriptions individuelles des journalistes.
Vous dispensez des formations pratiques pour les journalistes qui partent en zones de conflit. Pensez-vous que ces formations devraient devenir obligatoires pour tous les journalistes partant sur des terrains « minés » ?
Nous avons la conviction qu'une formation devrait être obligatoire pour tous les journalistes qui partent dans un environnement hostile. Dans certains médias, Une formation de ce genre est souvent une condition sine qua non pour partir en reportage. C'est le cas par exemple dans des rédactions comme AP, Reuters, CNN, etc. Nous aidons ces entreprises de presse à affiner et améliorer les formations dispensées. Mais, beaucoup de médias n'ont pas de budgets « formations ». Pour ceux là, nous tentons de récolter des fonds afin de former leurs collaborateurs gratuitement. C'est ce que nous réalisons par exemple pour des journalistes locaux en Irak, en Russie mais encore au Congo ou en Colombie. Un journaliste non formé à des situations hostiles se met dans une position dangereuse tant pour lui que pour ses collègues qui l'accompagnent. C'est pour cette raison que nous estimons qu'une formation doit devenir obligatoire.
Dans certaines régions du monde, les journalistes portent des armes afin de se protéger. C'est le cas de certains journalistes américains présents en Irak. Quel est votre sentiment à cet égard ?
Nous insistons fortement sur le fait qu'aucun journaliste ne devrait être armé. Le journaliste doit rester un observateur indépendant. En portant une arme, il pourrait être assimilé à un belligérant ou à un espion. Par contre, il faut faire une distinction entre les journalistes qui sont armés et ceux qui sont protégés par des gardes armés.
Allez-vous organiser prochainement des sessions de formation en Belgique ou en France ?
Non. Actuellement, nous nous concentrons sur des zones comme l'Afrique, l'Asie et l'Amérique latine ou les journalistes locaux courent un véritable danger. Cela s'explique aussi par le fait que les entreprises de presse en France ou en Belgique ont les moyens financiers d'organiser en interne des séances de formations. Ce qui est l'opposé des médias des pays en voie de développement où l'on recense énormément de journalistes tués.
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